Le tournant du siècle est une période propice à l'épanouissement de la littérature fantastique. Les dernières années du XIXe, la décennie "maudite" de la période décadente représentent à elles seules un temps fort de l'insolite dans la fiction. C'est dans le genre de la nouvelle que le fantastique "classique" a survécu et s'est propagé à l'orée du XXe, avant de prendre d'autres formes. Dès cette époque, il a plusieurs tonalités, il joue le même air sur plusieurs claviers. Il peut être miniaturieste avec Lord Dunsany, spiritualiste avec Blackwood, ésotérique dans les chimères malsaines du Gallois Machen. Il peut flirter avec l'horreur chez Benson ou se faire néoromantique sous la plume de Hogdson, baroque voire "rococo" dans les récits de "Vernon Lee". Il peut s'abriter dans les archéologies consciencieuses des antiqaures de M. R. James ou se loger dans les aventures de détection narrées par Conan Doyle ou les spéculations de Wells.
Max Duperray dresse un bilan de cette litérature qui, sans se vouloir exhaustif, convoque les principaux tenants du patrimoine britanique, célèbres voire populaires comme Conan Doyle, quelque peu négligés voire oubliés comme Lord Dunsany. Ce bilan est illustré par une série d'études qui éclairent ce tableau et le complètent, soit en introduisant d'autres figures négligées comme Olivier Onions, soit en s'arrêtant sur une oeuvre particulière, The House on the Borderland de Hodgson ou Voyage to Acturus de Lindsay.
Un groupe de spécialistes a apporté son concours à cette illustration :
Roger Bozzetto et S.T. Joshi pour E. F. Benson. Gareth Davies-Morris pour Wells. Jon Delogu pour M. R. James. Sophie Geoffroy-Menoux pour Vernon Lee. Jean-Louis Grillou pour Algernon Blackwood. Gilles Menegaldo étudie 'The Rope in the Rafters' d'Olivier Onions. Bernard Sellin, Voyage to Acturus de David Lindsay, et Max Duperray, The House on the Borderland de W.H. Hodgson. |